Amoureuse de la littérature, de l'événementiel ou encore du théâtre, je vous ouvre ici quelques pièces de mon univers.

mar.

17

déc.

2013

Autobiographie inachevée

Jactance Séculaire nait le 30 février 1802 à Boulougne-Les-Bains, en Suedonie orientale. Son père, instituteur, venait souvent la visiter, dans sa chambre, quand elle était petite. Lorsque la mère de Jactance le découvrit, elle le tua. La jeune fille vécut avec sa mère jusqu’à ses 17 ans. Leur vie était paisible. A l’école, Jactance avait une attirance toute particulière pour l’astronomie et l’histoire de la magie. Le français ne l’intéressait guère car, à l’époque, cet enseignement dispensait principalement des règles dures et froides.

A 17 ans, Jactance, qui avait un an d’avance, parti à l’université de Monsopolis où elle étudia les techniques de la PAO et du Webdesign. C’est là qu’elle rencontra ses futurs éditeurs : Wad Ganglion et Charlotte Guy.

Son diplôme en poche, Jactance décide de faire une année sabbatique. Elle rencontrera Chloé Delaume lors d’une messe noire et par là même, la pratique de l’autofiction. Séduite, Jactance Séculaire, commence à écrire plus sérieusement qu’elle ne l’avait fait jusque là. Elle appelle son premier roman, avant même qu’il ne soit édité Autobiographie d’une enfant paisible. Entendant parler de ce manuscrit, Grasset et Gallimard se livrent une guerre sans merci pour en obtenir les droits. Mais Jactance Séculaire préfère appeler ses amies de l’université, qui sont en train de monter leur maison d’édition. La publication Autobiographie d’une enfant paisible en juin 1826 leur assure une trésorerie confortable qui leur permettra de publier, en 1829, Les Chouans et Le Dernier jour d’un condamné, deux romans d’illustres inconnus mais qui ont, pour des raisons à ce jour encore obscures, séduit les deux éditrices.

François Bon lit Autobiographie d’une enfant paisible et se sent investi d’une mission : inventer l’epub, pour permettre à Jactance Séculaire d’exploiter son talent comme elle le doit. Mais Jactance sort tout juste de la fac et des techniques du Webdesign, elle n’a pas envie de se lancer là dedans pour le moment, il lui faut souffler. Elle envoie Bon promener.

Sur commande de Wad et Charlotte, Jactance Séculaire traduit l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers en klingon, langue qu’elle apprend en trois mois, pour les besoins de ce travail. Ensuite, pour s’amuser, elle traduira la Bible, Harry Potter et les albums Titeuf dans cette langue. Afin de se venger de l’un de ses professeurs qui avait refusé de faire, la veille de l’examen, un partiel blanc de même nature que l’examen_ afin de se venger de ce professeur qui est aussi éditeur, elle le forcera, par des moyens tenus secret, à publier ces traductions. Elles sont donc disponibles au catalogue des éditions l’Entretemps, éditions spécialisées dans le théâtre.

Après ce travail de traduction, Jactance Séculaire se lance, de manière anonyme, dans le théâtre. On sait aujourd’hui que c’est elle qui a écrit la plupart des rôles de Sarah Bernhardt et de Mademoiselle Fleury.

Revenant à l’autofiction, Jactance Séculaire publie en 1833, Les Songes Dombreuses où elle conte ses mystérieux rêves dans lesquels vient la visiter une dame aux doigts de fée. Curieusement, dans ces rêves, elle est rousse. Curieusement, ce livre aura un succès retentissant auprès des psychiatres.

L’année suivante, Jactance écrit Le jour où, le jour où je. qui est une biographie de Google.

S’ensuit de nombreux succès tels que Meurtre à la Comédie, Après le livre, La chate de schrödinger, Le Pouvoir, c’est le pouvoir DIXIT George et J’habite dans la radio.

Ce dernier livre lui vaudra un procès de la part de Chloé Delaume qui l’accuse de plagiat. Jactance Séculaire niera toujours et, engagent Maître Carbonnier pour la défendre, elle gagnera. Afin de se venger de ses accusations frauduleuses, elle tue la grand-mère de Chloé Delaume, à sa place. Malheureusement, la justice ne comprend pas son acte et Jactance se voit condamner à une peine de 101 ans de prison.

C’est au cours de sa peine qu’elle a l’idée d’adapter The One Hundred and One Dalmatians de Dodie Smith. Elle contacte Walt Disney qui trouve l’idée fabuleuse et accepte le projet.

La Seconde guerre mondiale fais rage lorsqu’elle sort de prison. Elle épouse un officier nazi qui meurt mystérieusement lors d’une de ses permissions. Devenue riche héritière, elle se consacre à un nouveau projet : la création d’un théâtre en ligne.

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mar.

17

déc.

2013

Celui qui regarde l'océan qui s'étend à perte de vue et qui se souvient.

Tu es assis sur un banc et tu regardes l’océan qui s’étend à perte de vue. Marée descendante. Dans peu de temps ce sera la plage, que tu verras s’étendre à perte de vue…

Un béret sur tes cheveux blancs ; une veste de marin, celle que ta femme, Noëlle, t’avais offert, cinq avant son départ ; la canne que tu avais volé dans la maison de ton père avant que les huissiers ne débarquent… L’océan s’étend devant toi comme à l’intérieur de tes yeux. Tu te rappelles. Le bal de la Saint Jean où tu as rencontré Noëlle. L’hiver où tu la perdu. L’océan qui est venu se substituer à la Manche, à l’aube de tes vingt ans. Tu étais parti de chez toi. Tu es parti de chez toi et tu n’y es retourné qu’une seule fois. Pour récupérer la canne. Tu ne le regrettes pas car c’est à Morgat que tu as rencontré Noëlle. Mais l’amertume, la perte du père… Tu te convaincs que l’océan et Noëlle en valent la peine. Noëlle qui est parti. L’océan, lui aussi part, mais il revient. Toujours.

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mar.

17

déc.

2013

Celui qui décharge des palettes à la Fnac

Tu décharges des palettes. Job intérim. Bien payé. Bonne condition physique. Tu as une bonne condition physique et tu aimes être bien payé sans avoir à réfléchir. Tu décharges des palettes devant la Fnac. Sur ces palettes, des films. Tu les as déjà vus. Pourtant, tu aimerais bien en chourer un ou deux. Pour offrir à Mélanie, peut être. Ou à ta mère. Ça lui ferait peut-être du bien de voir le dernier Pirates des Caraïbes, tu te dis. Mélanie, elle, se contenterait de baver sur Bloom mais ta mère, elle aime les bons acteurs, elle aimerait peut être revoir Johnny Deep. Tu te souviens que quand tu étais gosse, elle regardait au moins une fois par mois Cry Baby. Mais tu ne voleras pas les DVD. Tu tiens trop à ce job. Avec la paie de l’agence, tu pourras partir à Barcelone cet été.

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mar.

17

déc.

2013

Celle qui vit au fond de l'avenue des Platanes

Tu vis au fond de l’avenue des Platanes.

Tu te lèves à 9h00. Quel que soit l’heure et l’état de ton coucher, tu te lèves toujours à 9h00. Le soleil est déjà là, à 9h00. Mais souvent, ce sont les nuages. Le gris. Ton chat est introuvable, tu te sens un peu seule. Alors, tu mets un peu de musique. Du blues. Tu veux faire du feu mais hier, tu as oublié de rentrer du bois, alors il est humide. Tu enfiles une polaire et fais du café. Tu allumes la télé mais ta série n’a pas encore commencé. Tu regardes par la fenêtre si ton chat ne serait pas en train de revenir. Dehors, il n’y a que Mr Gil qui passe en vélo. Il va à l’église.

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mar.

17

déc.

2013

Rue Duller

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« La vraie vie est si souvent celle qu'on ne vit pas. » Oscar Wilde

Les livres ont toujours été présents dans ma vie.

Provenant d’un milieu social où la culture fait bonne figure pour animer les dîners vinifiés, meilleur augure que les conversations politiques qui révèlent les personnalités sous un jour qui ne nous sied pas toujours, il était naturel pour mes parents de m’élever au cœur de la lecture.

Ce sont les albums jeunesse qui, bien entendu, ont entamé mon éducation. Je retrouve, aujourd’hui, Ernest et Célestine rongé par l’humidité et relis avec nostalgie cette histoire d’indigestion et de confiture.

A ces livres bon enfant et éducatifs ont succédé certaines bandes-dessinées que mes parents laissaient à ma portée. Avec elles, je voyageais au FarWest pour installer une ligne télégraphique entre deux attaques d’indiens ou encore je partais en Gaule, où j’apprenais à résister pour, toujours, défendre fièrement mon indépendance. Je m’enfuyais, grâce à ces bandes dessinées, dans des ailleurs poétiques. En prenant quelques centimètres et en m’enhardissant dans les plus hautes étagères, je découvris de nouveaux ailleurs avec Binet, Wolinski ou Manara.

Mais avant cet aperçu d’un monde adulte, les volumineux recueils de contes s’étaient occupés de peupler mon imaginaire de princesses endormies, d’oiseaux parleurs, de carrosses magiques et de tant d’autres merveilles.

Au collège, peu de livres du centre de documentation résistèrent à mes pupilles avides. Parmi eux, je me rappelle notamment une version abrégée de l’Iliade qui, malgré les recommandations de quelques amis, n’était jamais parvenue à me séduire. Je lui préférais la fantasy et la science fiction mais, aussi les romans de société.

Arrivant au lycée, mes goûts changèrent peu. J’adorais les aventures d’Artemis Fowl ou de Georgia Nicolson que je relisais abondamment.

Puis je lus, de mon propre chef, Une page d’amour. Cette lecture atténua mon attrait pour la littérature jeunesse. Je me tournais de plus en plus vers la « littérature blanche » osant même, un jour, déclarer à mon père mon intention de lire « tous les Zola ». Sa réponse me calma. Un peu. « Ça ne sert à rien. » Selon lui, je devrais plutôt lire un ou deux ouvrages de chaque auteur classique.

Qu’entends-t-on par « classique » ? Pourquoi ne lire que deux livres ? Comment les prélever des œuvres-monde ?

Contrairement à mes camarades, je ne me plaignais pas des lectures imposées par l’éducation scolaire. Et pourtant ! Lire Corneille à 14 ans ! Pourquoi ne pas porter des couches à 94 ans ? Ah, mince. Je lisais tout de même, je lisais sans rien entendre mais, me plaindre, et me plaindre de devoir lire ? Pas question.